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Le Trésor de Lavau et autres vestiges aubois

Le Trésor de Lavau et autres vestiges aubois

 

A l’heure où il est de bon ton de regarder toujours plus haut, ne faisons pas comme tout le monde !
Regardons vers le bas, en direction du sol, et découvrons ensemble les vestiges qu’il nous livre.
Plus particulièrement, intéressons-nous aux vestiges de l’âge de fer : l’Aube en regorge !

 

« Age de fer, Tène, Hallstatt, torque, fibule… un peu de contexte historique ne fait pas mal. Consulter « Nos ancêtres les aubois » avant de poursuivre votre lecture ! Moi, je l’ai fait. Merci Moodyx ! » Idéfix, chien érudix reconnaissant.

 

 

# Des sépultures, en veux-tu en voilà

sépultureA Saint-Benoît-sur-Seine, petit village localisé à 10 km au Nord de Troyes, c’est une nécropole datant de plusieurs périodes qui a été découverte, puis fouillée partiellement, dans les années soixante.

 

Qu’est-ce qu’il y a été retrouvé ?
46 sépultures, de la période de la Tène, complétées par des sépultures datant des époques gallo-romaine et mérovingienne, localisées sur une surface d’environ trois hectares.

On retrouvera sur les squelettes, en plus ou moins bon état de conservation, des bracelets, fibules, torques, anneaux de ceintures en fer et en bronze, ainsi que des armes de guerriers (épées et fourreaux en fer, fers de lance).

 

 

# Une tombe à char

Une tombe à char, vous savez ce que c’est ?

tombe à charEt bien ne cherchons pas midi à quatorze heures : c’est un rite funéraire celtique très en vogue pour les aristocrates de l’âge de fer, qui consiste à inhumer le défunt avec un char à deux ou quatre roues. Curieux, n’est-ce-pas ? Eh bien pas tant que cela dans nos régions de Nord et de l’Est de la France, où plusieurs centaines de ces tombes ont été retrouvées.
En particulier, une tombe à char a été découverte à Bouranton (commune dans le parc naturel régional de la Forêt d’Orient, 16 km de Troyes, à l’Est), lors des fouilles préventives réalisées dans le cadre du chantier de l’autoroute A26.

 

 

# LA découverte

Lavau, ça rime avec ZAC du Moutot. La ZAC du Moutot, ça vous dit quelque chose ? Une grande enseigne de sport, des concessionnaires automobiles, etc. ?

Et bien figurez-vous que ZAC du Moutot, ça rime aussi avec tombe princière (enfin, pas tout à fait, mais bon, vous me voyez venir, n’est-ce-pas ?)

Une campagne de fouilles, réalisée sur ce site par l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) entre octobre 2014 et mars 2015, a permis de mettre à jour une vaste nécropole, datant de la fin de l’âge de bronze. On y trouve des sépultures d’époques successives s’étalant sur plus de 1 000 ans, et surtout un tumulus de quarante mètres de diamètre. En son centre se trouve une chambre funéraire datée de la fin de la période du Hallstatt, où repose notre fameux prince avec son char à deux roues (eh oui, ici aussi… Quand je vous disais que ça n’était pas si curieux que ça !).

Cette découverte a fait grand bruit, et nombre de médias s’en sont fait le relais.

 

 

# Et qu’est-ce qu’elle a de si spéciale, cette découverte ?

D’abord, les vestiges sont dans un état exceptionnel. Le site est resté à l’abris des pillages car rien ne laissait deviner sa présence : le tumulus surplombant la tombe princière avait été écrêté au Moyen Age pour mettre le terrain en culture, et la végétation a, depuis, toujours recouvert le site.

Ensuite, le défunt était paré de nombreux bijoux précieux : une torque en or (de 500 g !), des bracelets en or, des bijoux en ambre, fer et corail, des éléments de ceinture précieux.

Enfin, certains objets retrouvés à proximité du défunt attirent particulièrement l’attention :

  • un grand chaudron à vin en bronze (d’un mètre de diamètre et 200 litres de contenance, rien que ça !), qui servait probablement à mélanger le vin et les épices
  • à l’intérieur de ce chaudron : un pichet en céramique noir, représentant Dionysos, et cerclé d’or à son pied et son embouchure

Ces objets ont de quoi surprendre, de par leur usage (dans cette région et à cette époque, on ne buvait pas de vin) et de par leur probable origine : étrusque pour le chaudron, grec pour le pichet. Autre élément plus surprenant encore : il n’était pas coutumier des grecs d’embellir d’or leurs céramiques. Ces ajouts ont donc vraisemblablement été faits pour satisfaire les critères esthétiques des celtes.
L’origine des objets témoigne des échanges commerciaux qui existaient à l’époque entre celtes et méditerranéens, et de la situation stratégique de notre région, mais de nombreuses interrogations demeurent sur la structuration de ces échanges.

 

 

# Et où je peux l’admirer, ce trésor de Lavau ?

Eh bien pour l’instant, nulle part ! Il va falloir faire preuve d’un peu de patience car pour le moment, les objets découverts sont en cours d’étude dans les sous-sols du Louvre, au sein du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France.

BD lavau

Mais pas d’inquiétude, dès 2019, ils viendront enrichir la collection du Musée St Loup, le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Troyes.

En attendant, si vous souhaitez en savoir plus sur cette découverte, vous pouvez notamment visualiser le documentaire « L’énigme de la tombe celte », diffusé initialement le 17 juin 2017 sur Arte. On parle de Lavau à la télé, profitez-en. Pop-corn et histoire ici

Et pour en donner un avant-goût aux plus petits, pourquoi ne pas les inciter à se plonger dans la lecture de « Emeline et le trésor de Lavau » ?

 

 

 

Et voilà, notre petit périple est terminé. Il n’était pas exhaustif bien sûr, mais donne une bonne idée de l’étendue des sites découverts dans notre département.

D’une manière plus générale, si vous êtes fan d’archéologie (ou de patrimoine ou de liqueur historique auboise…), n’hésitez pas à faire un petit tour au Musée Saint-Loup, qui présente une riche collection d’objets de différentes époques mis à nu dans la région.

musée saint loup troyes

 

parvis cathédrale troyescellier saint pierre

cathédrale troyes

Situé dans une ancienne abbaye inscrite au monument historique et à 50 m de la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Troyes, ce musée est également à 100 m du Cellier-Saint-Pierre, où la fameuse Prunelle de Troyes y est produite (nous en reparlerons).

 

 

 

 

 

Et puis A vos agendas !! A partir du 5 mai prochain, et jusqu’au 31 décembre, l’exposition ArkéAube, organisée à l’Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes par le département et en partenariat avec l’INRAP, nous permettra de découvrir l’histoire des hommes qui ont peuplé l’Aube, du Néolithique jusqu’à l’âge de fer, à travers notamment 200 objets mis à jour lors de fouilles archéologiques. C’est même à cette occasion que sera exposé pour la première fois le trésor de Lavau !

 

 

Allez, maintenant je vous souhaite un bon retour dans notre époque contemporaine, et vous dis à bientôt, pour de nouveaux voyages dans le temps !!

 

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3 réponses

  1. coffinet Josiane dit :

    ne pas oublier VIX en Cote d’Or, vase, chariot, diadème, princesse etc … voir musée à Chatillon sur Seine

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