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Nos belles journées du patrimoine…industriel

Nos belles journées du patrimoine…industriel

Vous, les aubois, ça vous parle le patrimoine industriel ?
Les cheminées de Troyes ou de Romilly-sur-Seine, par exemple, vous êtes incollables sur ce sujet ?
Car arrêtons-nous sur notre culture industrielle : le passé, le présent, les secteurs d’activités, l’architecture…
Alors oui, je vous vois venir, chers amis du terroir local : « il va nous parler du textile, de l’andouillette, de la choucroute… et des magasins d’usine »
Mais non, figurez vous, il n’y aura pas que ça, promis !
Allez, hop, on va chercher les bleus de travail et on s’y met !

L’industrie d’hier, côté textile

Je ne peux pas vous parler de patrimoine industriel sans le textile qui va avec, même si l’andouillette et la choucroute aimeraient en découdre ici (blague vestimentaire)
fête textileAvant la première guerre mondiale, Troyes représentait 54% du chiffre d’affaires national dans le secteur textile. Il y a 15 ans, les usines textiles employaient encore 15 000 personnes et les grandes cheminées témoignent de cet illustre passé (j’y reviendrai).
Fait notable également, la marque en forme de bateau a reçu en 1937 le grand prix de l’innovation lors de l’exposition universelle de Paris. La technopole de l’aube n’existait pas encore mais l’entreprise aurait pu y être implantée (comme Moodyx ;-)).

L’industrie textile d’aujourd’hui, au service de notre quotidien

Aujourd’hui, 3 000 personnes travaillent dans ce secteur et la majorité y travaille dans 2 usines : la marque à crocodile et l’autre en forme de bateau.
Il ne reste plus beaucoup de tricoteurs de chaussettes. Citons tout de même Tismail que nous pouvons découvrir lors de ses ventes privées ou via www.123chaussettes.fr pour acheter français (et pas cher).
Pour parfaire votre éducation et pour que le slip n’ait plus de secret pour vous (enfin le bonnet), je vous invite à aller au musée de la bonneterie à l’Hôtel de Vauluisant (Troyes). Les amoureux du patrimoine y trouveront également leur compte car le bâtiment est classé au titre des monuments historiques (on en reparlera).

Retour vers le futur

Le textile aubois existe encore bel et bien mais il évolue et change…comme la mode 🙂
La production de slips à papa produits sur place (pardon au papa que je suis) laisse la place à des productions plus marquées, voire précurseuses.
Lecoq Sportif a décidé d’implanter un centre de Recherche et de Développement à Romilly-sur-Seine. Garçon Français, jeune pousse auboise, s’exporte. Petit Bateau utilise un site logistique sur la plateforme de Buchères. Parlons également de TF Création qui produit des tissus que l’on peut retrouver au cinéma, ses produits étant mis en oeuvre pour la décoration d’espaces requérant des contraintes de sécurité particulières.
Enfin, nous pouvons citer Dressin’Box, une cabine d’essayage virtuelle qui permet de connaître sa morphologie, implantée à la technopole de l’aube.

Produits ailleurs, vendus ici

Notre passé industriel textile est aussi représenté par LES magasins d’usine (et les cheminées, oui, cher lecteur, vous êtes attentif) !
Loin de moi de vous faire l’inventaire (blague de magasinier) des fripes et autres frusques vendues (l’auteur de ces lignes tenait absolument à placer ces 2 mots, non utilisés depuis 1975).magasins usine TroyesMais 4 chiffres peuvent tout de même être notés : 4 millions de personnes à l’année (juste deux fois moins que la fréquentation de la Tour Eiffel), 1 400 salariés, 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce serait même le 8ème site le plus fréquenté de France. Rien que ça !

Les fibres mais pas que

De nombreuses minoteries font également partie de notre passé. Maintenant, ces lieux sont majoritairement devenus des maisons. Toutefois, l’une d’entre elles rayonne encore fortement : c’est l’entreprise S——T. Allez, je vais vous le Soufflet !
Entreprise familiale dont la marque phare est Baguépi, Soufflet possède 42 usines dans le monde et est l’un des premiers meuniers européens. Et où est son siège social ? Dans l’Aube ! A Nogent-sur-Seine.
Enfin, notre patrimoine industriel passe également par la présence d’usines à andouillettes (scoop).

carte postale

La plus célèbre d’entre elles est AT France, conduite par Gilbert Lemelle qui se présente volontiers comme, selon ses propres termes, « un charcutier ». A noter qu’AT France, c’est aussi les andouilles de Guéméné (entreprise acquise en Bretagne) et des spécialités alsaciennes (entreprise acquise…en Alsace – vous êtes perspicaces).

Patrimoine d’aujourd’hui, qui sort de l’ordinaire

Sortons maintenant de ces clichés aubois pour mettre en lumière deux industries locales.

La première est la Petite Biscuiterie, qui comme son nom l’indique vend du ciment (mais non…). Située à Maizières-La-Grande-Paroisse, près de Romilly-Sur-Seine, cette usine concocte des produits qui ont du goût et sont très sympas. En plus, manger local, ça a du bon ;-). Vous pouvez même faire une halte sur le chemin au château de Droupt-Saint-Basle car il est situé non loin de l’usine.

Parlons également de la Tuilerie Royer, située à Soulaines-Dhuys. Et non, il n’y a pas qu’un moulin dans cette commune ! Il y a aussi une résurgence remplie d’eau à la même température toute l’année, une magnifique maison classée monument historique où il y a l’Office de Tourisme et, accessoirement l’usine Royer. Notons qu’il y’a pas mal de trucs en fait là bas 🙂 Faisant partie du patrimoine industriel historique, la tuilerie propose des stages de poterie et fabrique des produits en terre cuite allant des briques aux épis de faîtage. Elle organise même des visites de l’usine. Cela peut être l’occasion de montrer à ses proches quelque chose qui casse le sempiternelle : « Ah oui, t’habites dans l’Aube, ça sent pas trop l’andouillette ? »

Patrimoine industriel, côté pierres 

Les gloires et fleurons de notre industrie n’ont pas dit leur dernier mot. Même fermées, les usines ont su se réinventer et surtout, rester debout. Elles sont là, tapies dans l’ombre à vous observer. A vous de leur rendre la pareille !
Visitez la malterie de Champagne, à la Chapelle-Saint-Luc, qui abrite un musée et des logements.
Regardez les trois cheminées de briques de la Ville-Sous-Ferté, qui portent haut et fort les couleurs de l’ancienne Forges Saint-Bernard.
Contemplez les anciens Grands Moulins, à Nogent-Sur-Seine, dans lesquels Soufflet dispose de locaux.
Rentrez dans la maison des associations, à Troyes, qui occupe les Anciens Economiques Troyens dont la façade est art déco.reconversion industrielle TroyesD’autres sites méritent aussi le coup d’oeil :

  • La verrerie de Bayel
  • La tuilerie de Brévonnes
  • L’usine de grès de Radonvilliers
  • Le musée de Brienne-La-Vieille (ancienne fromagerie et moulin à farine)

N’hésitez pas à visiter ces bâtiments. C’est possible lors des journées « Portes ouvertes des entreprises », organisées par la CCI.

La sauvegarde du patrimoine industriel 

Notre passé a du bon (plus on vieillit plus on a tendance à le dire je crois) : Troyes a en effet adopté une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP), intégrant la prise en compte du patrimoine industriel.
Cela veut notamment dire que les démolitions des usines sont désormais remplacées par des reconversions. A ce sujet, l’ancienne usine Delostal, rue Courtalon (Troyes), fermée en 1953, a été la première reconversion de locaux industriels par l’OPAC.moulinUne très belle reconversion a été entreprise à l’emplacement de l’ancienne usine Bonbon, qui est devenue l’Espace Bégand, pour déambuler dans un des lofts en survêtement (l’usine Bonbon en fabriquait).
Notons d’ailleurs que la rue Begand est devenue une marque de textile depuis peu. Symbole de la place du textile et de l’industrie dans l’histoire auboise.

Les cheminées

Une question pour commencer : savez-vous que Troyes était appelée la ville aux cent cheminées ?
Maintenant, il n’en reste qu’une vingtaine et elles témoignent visuellement de l’ancien passé textile. Certaines d’entre elles ont pleinement été intégrées dans la reconversion des industries. En témoigne la cheminée emblématique du siège de Troyes Champagne Métropole, qui appartenait à l’usine Devanlay (Lacoste), située à quelques encablures de ce siège. Parlons également de celle située sur le parking du cinéma Troyen où son emplacement désormais isolé la met parfaitement en valeur.

Troyes Champagne Métropole

Concours pour les photographes

Jouons si vous voulez, cher lecteur.
Envoyez-nous vos photos de cheminées. Le premier qui les a toutes gagne une bouteille de champagne (ou un slip ou une andouillette, restons dans les clichés).
Le mail est contact@moodyx.com
Dommage pour vous, une visite des cheminées d’usines a déjà eu lieu. Espérons que ce sera reconduit 🙂

Voilà, j’espère vous avoir apporté un regard différent sur ce sujet et vous avoir permis d’en apprendre un peu plus sur le territoire aubois.
A bientôt !

 

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2 réponses

  1. Servier dit :

    Très agréable commentaire bourré de drôlerie.

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